Les élections présidentielles au Burkina faso ont lieu dans environ 1 mois.
A l’heure ou les différents candidats à la fonction présidentielle répètent leurs gammes, qu’en est il de la situation politique réelle ?
Le pays des hommes intégres sort d’un demi siècle de régimes militaires successifs, d’une insurrection populaire ainsi que d’une récente tentative de coup d’état.
L’heure est à une très arrangeante exclusion pour certains candidats au pouvoir. En effet, plusieurs gros bonnets ont été écartés de la course pour avoir pris le parti de soutenir la toute dernière tentative de modification de la constitution qui aurait permis à l’ex président de se représenter..
Une charte de la transition a été mise en place et depuis, la constitution de 1991, celle là même que le peuple défendait si âprement, a été remisée au placard par les nouveaux maitres de Kossyam.

Burkina faso : le dormeur doit se reveiller - burkinapourtous.fr

Le CDP, parti roi, tel le taureau dans l’arène a un genou à terre.
Après les multiples attaques, intimidations, tentatives de destabilisation et menaces en tous genres, ce dernier semble, devant le Machiavélisme et la détermination de ses adversaires, avoir cédé au chant des sirènes.
Le parti de Blaise Compaoré a affirmé et réaffirmé n’être ‘ »ni de près ni de loin mêlé aux événements qui ont secoué le pays ces derniers jours et ne saurait être associé à de tels actes antirépublicains sur la base de déclarations individuelles et personnelles de certains militants quel que soit leur rang’’…
La manoeuvre du pouvoir intérimaire semble désormais claire et limpide : fini les maneuvres diplomatiques et autres tactiques politiciennes à la régulière, il s’agit à présent de couper la tête du serpent et ainsi, affaiblir les partis politiques qui lui résistent encore .
 Pour ce faire elle a décidé de tirer le meilleur parti de ce coup d’état raté, quelque part, tombé à pic !!
Voici donc, à environ un mois de ces élections, un instantané de la situation :
Acte 1/ l’arrestation du poids lourd Djibrill Bassolet sans la moindre preuve de son implication dans le putsh.
Acte 2/ Le président du CDP Eddie Komboigo, en exil aux USA, est lui aussi hors jeu (fuite ou arrangement secret ??).
Acte 3/ Le virulent et plus dangereux de tous dans l’ex parti présidentiel, l’homme susceptible de prendre la relève à la tête de l’ex parti présidentiel, le vice-président Léonce Koné, tout autant tricard, puisque croupissant également en prison …
Acte 4/ Et enfin le dernier et non des moindres, l’homme qui de par ses idées, son verbe haut, son expérience politique à rallonge et sa faculté à renaitre constamment de ces cendres représentait lui aussi un très grand danger pour cette transition, d’autant plus que de connivence avec l’avant dernier : le pdt de l’UNDD Me Hermann Yaméogo, mêmement écarté, comme ses 2 camarades cités ci-dessus.
Conséquence attendue : en manque de temps et d’organisation, le CDP annonce dans la foulée qu’il se rangera derrière l’un des candidats à la présidentielle.
On peut déjà aisément imaginer à qui bénéficiera, en fin de compte, cette manoeuvre des plus mal ficelées …
La table est dressée, l’heure de la curée approche, y a plus rien, en face c’est maïs !!
La transition n’en est plus à quelques entorses à la démocratie près !!
Elle a senti le couperet passer de si près qu’elle a décidé de laisser sa nature la plus sombre éclater au grand jour !! Cette fois-ci, elle ne s’embarrassera plus d’aucuns préjugés d’autant plus que l’hypnose populaire semble désormais avoir atteint un point tel qu’il serait idiot, après tout, de s’en priver (???).
Le peuple, pauvre et illettré dans sa plus grande majorité, ne demandant qu’à se faire manipuler, l’intelligentsia – politiques, intellectuels, riches et autres hommes d’influence du pays – a pris peur et s’est honteusement tue pour ne pas, elle aussi, subir le courroux vengeur de celui que beaucoup décrivent comme le prochain président à venir.
Dans ces conditions, la communauté internationale ne pouvait que suivre.
Triste fin pour l’un des épisodes qui aurait pu être le plus glorieux de l’histoire « Africaine » !!
« De l’histoire africaine » car aux yeux de tous les Africains épris de liberté, cette insurrection populaire des 30 et 31 octobre sonnait comme le glas de tous ces potentats Africains affamés de pouvoir à vie.
Voilà donc près d’1 an que le Burkina Faso, pays des hommes intégres, a  vécu un soulévement populaire aussi spectaculaire qu’inattendu « de tous », après avoir vécu 27 ans sous la coupe d’un seul homme et son clan : le président Blaise Compaoré.
Un homme dont finalement le seul tort aura été d’avoir monopolisé le pouvoir d’état depuis bien trop longtemps car, quoi qu’on en dise et ce, même si certains de ses actes durant sa fougueuse jeunesse furent plus que discutables, Blaise Compaoré sera tout de même parvenu à faire d’un petit pays sahélien une puissance à part, une force sur laquelle compter, autant au plan Africain qu’à l’international.
En ces temps sombres ou les mouvements intégristes déploient leurs tentacules sur le territoire Africain suite à l’ingérence des forces étrangeres en Lybie et la mort du colonel Kadhaffi qui s’en est suivie, le burkina Faso représentait encore l’un des derniers bastions de la place, un havre de paix, un pays d’une stabilité telle que la pieuvre islamiste ne pouvait se risquer à y pointer plus que le bout de son nez.
Le capitaine aux commandes savait mener sa barque avec brio et le peuple pouvait dormir sur ses deux oreilles.
Mais depuis, la situation a radicalement changé. Le Faso est à présent divisé, il n’y a pas eu de réconciliation nationale et la haine couve dans les coeurs : autant de facteurs qui font le lit du terrorisme islamique !!
L’attaque de cette gendarmerie, dont s’est d’ailleurs encore honteusement – et avec une inconscience folle compte tenu de la menace en question – servie le pouvoir intérimaire en place pour un peu plus enfoncer ses adversaires, sonne peut être la fin d’une époque dorée.
Qu’adviendra-t-il du Burkina Faso ??
Tôt ou tard, la vérité finit toujours par triompher.
En fin de compte, le peuple s’apercevra qu’il a échangé une dictocratie pour une dictature.
Malheureusement il sera beaucoup trop tard et il faudra peut être patienter 27 autres interminables années, voir même beaucoup plus, pour se débarrasser d’un régime, voir pire, d’une monarchie familiale !!
Le pays des hommes intégres a eu sa chance. Il l’a malheureusement placée dans les plus mauvaises mains qui soient !!
On dit d’un peuple qu’il n’a que les dirigeants qu’il mérite.
Le Burkina Faso n’aura, hélas, pas fait exception à cette règle …
Ecrit par Y.Y.Y
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