Burkina Faso : Me Hermann Yameogo sort son livre vérité « démocratie consensuelle et pragmatisme démocratique « 

à la UneBurkina Faso : Me Hermann Yameogo sort son livre vérité « démocratie consensuelle et pragmatisme démocratique « 

Le dernier livre et la toute dernière interview de Me Hermann Yameogo,  » DEMOCRATIE CONSENSUELLE ET PRAGMATISME DEMOCRATIQUE « , parus moins d’1 semaine avant son arrestation afin de rétablir la vérité sur le déroulement des événements entre 2014 et 2015. La toute dernière interview préambule à l’oeuvre citée ci dessus de celui qui, LE PREMIER », aura ouvert la voie à l’opposition au Burkina Faso contre le régime du président Blaise Compaoré dans ses années les plus sombres. Ce pays sortait alors de plusieurs années de dictature militaire.

Me Hermann Yameogo et son beau frère Léonce Koné sont tout deux emprisonnés à la maison correctionnelle des armées de Ouagadougou depuis près de trois mois et se voient même refuser le simple droit d’être représentés par les avocats étrangers qu’ils ont choisi pour leurs défenses. Le dossier contre eux reste désespérément vide, ce qui explique cette décision totalement incongrue prise par les autorités et vivement critiquée par l’UEMOA.

Hermann Yameogo est aux arrêts depuis le 5 octobre 2015
Hermann Yameogo, opposant Burkinabé et prisonnier politique

L’omerta, la loi du silence !!

Avec l’arrivée au pouvoir du nouvel homme fort, les médias Burkinabés, pourtant si bavards sous le régime de Blaise Compaoré, semblent avoir perdu leurs langues blablateuses.

Comment expliquer sinon que le président du parti politique l’UNDD, fils aîné du premier président Maurice Yameogo, ancien ministre d’état, ancien chef de file de l’opposition de surcroît et qui, pendant près d’un demi siècle durant, aura consacré sa vie à son pays, au combat pour l’alternance  » ET LA BONNE GOUVERNANCE », soit jeté manu militari en prison sans aucunes preuves valables et ce, sans que personne n’ose vraiment donner de la voix ??

Pour ses opinions politiques ?? Hermann aura combattu Blaise bien plus que quiconque. Le chemin vers une réelle démocratie est long et tortueux (et cela encore plus, dans nos pays d’Afrique). De manière générale, son combat aura permis à certains d’être là ou ils le sont aujourd’hui car personne ne peut s’enorgueillir de s’être levé du jour au lendemain pour claquer des doigts et appliquer sa conception de la démocratie à tout un pays !! Il a fallut tout un processus pour en arriver là !!

Pourquoi ne s’est il pas rangé avec « certains » de l’opposition avant, voir même après 2014  ??

Peut être estimait-il que le favori à une éventuelle présidentielle n’était pas apte à diriger le pays (il ne faut remplacer le purgatoire par l’enfer)…
De même, peut être s’est il rendu compte qu’en passant par une autre approche l’on pouvait éviter tant de morts et de dégâts financiers irréparables ??

Dans tous les cas, il aura été l’opposant le plus farouche du président Blaise Compaoré durant de très nombreuses années lors que certains se gorgeaient de beuveries, de champagne et de plaisirs charnels en tous genres sur le dos du pauvre contribuable Burkinabé.

Homme de conviction et bien plus intègre que bon nombre, il aura été l’un des seuls parmi tous à ne pas s’enrichir durant ce laps de temps : aucun bien enregistré à son nom durant 27 interminables années, Hermann Yameogo vit toujours dans ces deux même maisons, celle de Koudougou, léguée par son père et celle de Ouagadougou dont autant sa femme que lui n’ont fait l’acquisition en 1986.

Deux maisons d’ailleurs entièrement saccagées, pillées, vandalisées, dont celle de Koudougou (ou repose sa femme) entièrement brûlée, lors du coup d’état / insurrection de 2014.

Ni compte en banque en Suisse, ni argent caché, ni maisons aux Etats-unis (contrairement à certains), ou en France ou ailleurs !!

Comment expliquer alors le sort qui semble s’acharner contre cet homme qui a tant perdu du fait de la politique. Hermann Yaméogo aura même échappé de très peu à la mort lors de cet empoisonnement en 2011 qui aura eu raison de sa femme Marie-Claude. L’enquête est toujours en cours même s’il y a très peu de chances que la vérité ne soit connue un jour… sur terre ..

La vie est un éternel recommencement !!

Ironie de l’histoire ou clin d’œil du destin, Hermann Yameogo et son beau-frère ont été enfermés à l’endroit même ou était détenu leur père Maurice Yaméogo dans les années 60 ..

Un combat commence pour l’homme de Koudougou, un peu à l’image de celui qu’il aura mené tant d’années pour son père : celui de sa réhabilitation !!

Quoiqu’il en soit, aussi pénible que ne l’est le présent et que ne le seront peut être les 5 années à venir, le fils aîné, garant de l’héritage de son père, sait que tôt ou tard, la vérité se fera jour et que chacun sera jugé comme il le mérite, chacun sera jugé comme il a vécu.

Une libération prochaine ??

D’aucuns auraient pu penser qu’une fois les élections passées, certains prisonniers politiques seraient libérés !!

Il n’en a rien été. Bien au contraire, les hommes ont été transférés à la MACA. On peut penser qu’avant d’être élu, Roch ai commandé au président intérimaire Kafando de ne surtout pas libérer les 2 hommes car lui s’en chargerait. Il apparaîtrait ainsi aux yeux du peuple comme quelqu’un de magnanime, porté vers le pardon.

Peu importe les calculs politiciens, le fils de Maurice Yameogo en aura connu, des épreuves, au cours de sa vie. Il sait comment encaisser les chocs et ne se plaint pas. Les paroles de Rudyard Kipling  » tu seras un homme mon fils … » ,  un poème encadré que son père lui avait offert pour son 18eme anniversaire et qui trônait dans son salon durant toutes ces dernières années, l’aideront à tenir dans les moments de doute …

(Lire la toute dernière interview de Me Hermann Yameogo sur burkinapourtous, ICI

Ecrit par YYY 

#hermannyameogo #burkinafaso 

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Burkina Faso : « prisonnier politique », un capital sympathie et une légitimité

Burkina Faso : « prisonnier politique », un capital sympathie et une légitimité

Les élections historiques qui ont eu récemment lieu au Burkina Faso ont  occulté le fait que plusieurs opposants politiques de premier plan sont, depuis maintenant plus de deux mois, entre les mains des autorités Burkinabés.

D’aucuns auraient pu penser que Me Hermann Yaméogo, président de l’UNDD, et son beau frère Mr Léonce Koné, vice président du CDP, tous deux farouches détracteurs de l’ex-transition et encore plus, du  gouvernement à venir, auraient été relâchés une fois les élections passées.

Le dossier constitué contre eux reste désespérément vide et la situation des deux hommes n’est aucunement comparable à celle de Mr Djibrill bassolet, ancien chef de la diplomatie du président Blaise Compaoré, accusé de collusion avec des forces étrangères dont Mr Guillaume Soro, président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire.

Les autorités Burkinabés sem:blent fermement décidés de faire d’une pierre deux coups (et même bien plus)…

Ainsi, c’est à la surprise générale que les deux hommes ont été également transférés à la MACA (maison d’arrêt correctionnelle des armées).

Si ce transfert peut, à première vue, paraître logique pour Djibrill Bassolet et Gilbert Diendiéré, tous deux militaires de carrière, on peut néanmoins se poser la question quant à la légalité de la démarche concernant des civils…

 Avocats étrangers interdits !!

 Les autorités Burkinabés s’appuient depuis peu sur un point obscur du Code de justice militaire du Burkina Faso : « les avocats de nationalité étrangère ne seraient pas admis devant les tribunaux militaires (…) sous réserves des dispositions particulières prévues par les conventions internationales ».

Une décision que les avocats de tous les prisonniers politiques n’ont pas manqué de décrire comme un « raidissement effrayant de l’autorité judiciaire » et de même, une « très grave violation » du règlement des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) relatif à la libre circulation et à l’établissement des avocats ressortissants de l’Union au sein de l’espace communautaire. Empêcher d’ébruiter l’affaire à l’international est donc devenu le leimotiv de cette toute nouvelle justice Burkinabé !!

Omerta au Burkina : aucun média n’ose parler de l’affaire !!

 Désireux de ne pas contrarier le nouveau président, aucun média ne s’interroge réellement quant à la situation de ces hommes qui ont, pour certains, consacré leur vie entière au Burkina Faso et qui auront d’ailleurs presque tout perdu pour ça.

Le premier opposant politique de Blaise Compaoré est en prison et l’on ne peut certainement pas dire que les autorités fassent preuve d’un minimum de transparence dans cette affaire …

Le putsh manqué du général Diendiéré semble être  décidément tombé à pic pour une transition dont la politique vengeresse commençait sérieusement à montrer ses lacunes !! Cette dernière, revigorée par l’élan patriotique suscité suite à l’arrestation de ses plus éminents représentants en plein conseil des ministres, a même pu mettre de côté ses plus farouches opposants sans trop faire le buzz.

Mais maintenant que les élections sont passées, nombreux sont ceux  qui s’interrogent de plus en plus sur le fait que ces hommes croupissent toujours dans les geôles de Zida…

Aucun gouvernement ne reste populaire bien longtemps, surtout quand les attentes sont aussi nombreuses !!

Le président Roch Marc Christian kaboré peut-il vraiment honorer toutes les promesses qu’il a faites pendant sa campagne électorale ??

On ne peut pas dire que la situation soit des plus saine au Burkina Faso car rien n’a été fait dans un esprit de réconciliation. Bien au contraire, depuis la fin de l’ére Compaoré, il y a comme une culture de la haine politique. Tant ont été écartés, tant se sont vus spolier de leurs biens, tant on vu leurs maisons, leurs voitures, brûlées, sans que justice ne leur soit rendue !!

Faire un tour à la case prison a toujours servi les opposants politiques. C’est un très gros plus dans un CV d’avoir été privé de sa liberté parceque voulant défendre ses idées politiques pour le bien de son pays (Nelson Mandela, Thomas Sankara, Laurent Gbagbo, pour ne citer qu’eux, pourraient en témoigner )!!

En mettant hors course Hermann Yameogo et Léonce Koné en pleines élections présidentielles et législatives et ce, sans fournir la moindre preuve de leurs implications dans ce coup d’état, c’est tout comme si la transition (ET encore plus, les nouvelles autorités à venir) avaient désigné du doigt, voir même légitimé, qui étaient leurs véritables opposants. Leurs ennemis actuels et à venir s’en souviendront au moment opportun !!…

Par YYY

http://www.burkinapourtous.fr/2015/12/07/burkina-faso-prisonnier-politique-un-capital-sympathie-et-une-l%C3%A9gitimit%C3%A9/   #leoncekone